Jean-Michel Ribes et ses équipes ont installé un théâtre de plein-air, dans les jardins. Une cascade de soirées formidables dans le respect des mesures barrières.

Un dimanche, en fin d’après-midi, sous les frondaisons de l’avenue des Champs-Elysées. Des familles, des grappes d’amis en promenade. Vers la Concorde, sous les marronniers, des gradins sont installés, d’autres, plus haut, sont en cours d’aménagement. Pour quel spectacle ? Mais l’arrivée du Tour de France, bien sûr ! Dimanche 20 septembre…Ce sera jour de relâche pour « Le Rond-Point dans un jardin », le festival qui a commencé le 8 septembre et vous propose, jusqu’au 27, chaque jour, un ou deux rendez-vous. C’est gratuit. C’est original et les créations se succèdent. Les fortes personnalités aussi.

 « Entrée libre, sortie heureuse » annoncent les affiches du théâtre. Et c’est exactement ça !

Jean-Michel Ribes a dû lutter pour faire admettre aux autorités de tutelle l’idée de cette manifestation, une façon joyeuse et énergique de répondre aux angoisses issues de la pandémie qui a tant empêché les spectacles vivants depuis le mois de mars.

Le bonheur dans un jardin ©Giovanni Cittadini Cesi

Le tréteau installé à l’arrière du bâtiment, très élégant, n’est pas bien grand. Mais l’inventivité des artistes supplée tous les défauts et au contraire, chacun a trouvé à répondre aux contraintes de l’espace. Des barrières métalliques circonscrivent l’espace. Le public est assis sur des chaises : on respecte les gestes-barrières. On reprend du gel à l’entrée, on porte un masque, on peut être assis les uns à côté des autres si l’on est en famille ou entre amis. Autrement, il y a une chaise vide pour séparer les spectateurs.

Certains promeneurs demeurent à l’extérieur de l’enclos, en veillant à ne pas faire de grappes dangereuses. Une atmosphère joyeuse que le ciel très serein favorise.

La programmation est formidable : Tania de Montaigne hier, François Morel et ses amis musiciens, Antoine Sahler et Amos Mâh, demain et après-demain, Pierre Notte dans un divertissement musical : (Harvey Weinstein) Work in progress, qu’il a écrit, et dont il a composé la musique. Il le joue avec sa sœur Marie Notte, Pauline Chagne et Clément Walker-Viry. Une préfiguration d’un spectacle que l’on verra en mai et juin, au Rond-Point évidemment !

 Vendredi 18, ce sera Flore Lefebvre des Noëttes, comédienne qui a écrit et joué sa vie d’une manière très personnelle, sincère et drôle, offre, avec Gilles Nicolas, une variation amusée sur le confinement. Les explosives « Filles de Simone » lui succèdent samedi 19, et Pierre Arditi également, qui lira « ce qu’il aime ». Dans les jours qui suivent on retrouvera Christophe Alévêque, François Marthouret et Mathieu Madenian, entre autres.

Magnifiques ! ©Giovanni Cittadini Cesi

Hier soir, dimanche 14, nous avons eu le privilège d’assister à un moment de folie maîtrisée par deux maîtres de la scène et du jeu. Sous le titre Les Vieux patinent bien/Cabaret de carton, Pierre Guillois et Olivier Martin-Salvan nous ont servi un extraordinaire spectacle, avec un homme plutôt statique –mais voyageant énormément- Olivier Matin-Salvan, qui chante magistralement, parle anglais et ne perd jamais son sérieux et un homme très mobile, Pierre Guillois, en maillot de bain, extirpant à cour et à jardin, des objets de carton qui servent de support à une odyssée enivrante.

Il est tous les personnages, humains, animaux, grands ou minuscules, il est tous les paysages, tous les moyens de locomotion, toutes les paroles : des mots sur des bouts de carton et l’on est entraîné dans une ronde vertigineuse qui enthousiasme le public, toutes générations confondues. On en reparlera plus précisément. Triomphe du talent grand, de l’imagination libre, du sens profond du théâtre.

PHOTOGRAPHIES ©Giovanni Cittadini Cesi.

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