Presse écrite, radio, télévision, elle aura partout défendu le meilleur du théâtre. Elle s’est éteinte vendredi 8 janvier. Elle avait 88 ans.

Dans les métiers de la transmission, on apprend beaucoup de ses aînés. Et Dominique Darzacq, par sa présence et son travail, a été un modèle pour de nombreux journalistes culturels.

Vice-Présidente d’honneur du Syndicat de la critique, elle aura, sa vie durant, défendu un théâtre d’art, aussi bien dans la presse écrite, la radio, qu’à la télévision.

Elle s’est éteinte vendredi, quelques mois après la mort de celle qui avait été une compagne de vie et de passion artistique, Martine Spangaro.

Dominique Darzacq avait eu 88 ans au mois de décembre dernier. Elle luttait contre une leucémie et le chagrin la minait depuis la disparition de Martine, en mai 2020. Elle s’est éteinte, entourée d’amis précieux, d’amies fidèles.

Une partie de la planche-contact d’une série de portraits du photographe Fernand Michaud en 1984. Dans le cadre du festival d’Avignon DR.

Souvenons-nous d’elle souriante, rieuse, caustique avec les fats, inlassable lorsqu’il s’agissait d’élargir le cercle des spectateurs du théâtre. Une femme engagée, qui était d’abord journaliste et abordait l’art du théâtre comme un grand reporter. Aller à l’aventure, découvrir, faire connaître, faire aimer, défendre.

Si l’on se souvient bien, elle avait débuté à Combat dans les grandes années du quotidien. Ensuite, c’est sans doute France Inter où sa pugnacité fait merveille. Elle travaillera pour Connaissance des arts, Le Monde et même Révolution. Et ces dernières années, elle écrivait aussi pour le site webtheatre.

Mais c’est sans doute en entrant à TF1 et, auprès de Marie-Laure Augry et d’Yves Mourousi, en faisant une place extraordinairement large à l’art dramatique dans les journaux qu’ils présentaient, que Dominique Darzacq aura su, avec rigueur et exigence, faire connaître à un cercle très large le théâtre, les comédiens, les metteurs en scène, les auteurs.

Dans ces grandes années 80, elle sillonne la France, de Strasbourg à Marseille, de Nanterre à Saint-Denis ou la MC93. Elle était d’une culture profonde et ondoyante : elle défendait aussi bien le théâtre privé que le réseau public. Elle était une femme de service public.

Elle aime le monde du théâtre. Elle le défend avec ardeur. Elle y puise d’indéfectibles amitiés : René Gonzales notamment.

Dominique Darzacq a également publié quelques livres : Du théâtre comme il n’était pas à prévoir…en 85 (TGP/Solin), Jean-Pierre Vincent, mes quarante-trois premières années de théâtre (Les Solitaires Intempestifs, 2002) et aussi un ouvrage collectif, Les centres dramatiques de 1946 à nous jours (Théâtrales, 2006).

D’elle, resteront également des portraits-entretiens, des films d’une remarquable valeur documentaire, qu’elle a tournés pour l’INA dans une collection qu’elle lança, « Mémoire du théâtre ». René Allio, Hubert Gignoux, Roger Planchon, Jacques Mauclair, Jean-Pierre Vincent, elle savait mener des entretiens, mettre en confiance, laisser sourdre les personnalités profondes des artistes interrogés.

Dominique Darzacq était officier dans l’ordre des Arts et Lettres, et, on l’a dit Vice-Présidente d’honneur du syndicat de la critique. Elle s’intéressait à la place du théâtre dans les médias et à la relève.    

La date de ses obsèques n’est pas encore fixée. Elles devraient se dérouler dans la semaine du 18 janvier.

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