A la Comédie-Française, deux très belles artistes se croisent. L’une reprend sa liberté après dix années très heureuses, l’autre, qui avait elle aussi, un moment, choisi de quitter la troupe, y est à nouveau appelée.

Dans la joie.  Dans la joie après dix années radieuses, Georgia Scalliet a choisi de quitter la Comédie-Française où elle avait été engagée il y a dix ans. Après des études en France, en Belgique, aux Etats-Unis, et son passage à l’ENSATT, à Lyon, elle avait fait ses débuts dans le rôle d’Irina des Trois sœurs de Tchekhov dans une mise en scène d’Alain Françon, en septembre 2009. Elle avait été nommée sociétaire, 531è sociétaire, le 1er janvier 2017.

Elle n’a jamais arrêté, travaillant avec des metteurs en scène très différents. Dernièrement avec Thomas Ostermeier pour La Nuit des rois ou tout ce que vous voulez de William Shakespeare, après La Tempête avec Robert Carsen, entre autres pièces. On la reverra d’ailleurs ces temps-ci dans le spectacle un peu décoiffant –ou plutôt déshabillé du patron de la Schaubühne Berlin après l’avoir applaudie dans Jules César, encore un Shakespeare, monté par Rodolphe Dana au Vieux-Colombier.

Portrait de Georgia Scalliet par Stéphane Lavoué, pour la Comédie-Française.

Ces jours-ci, la belle et profonde interprète a repris le spectacle qu’elle a conçu et joué avec Franck Vercruyssen des tg STAN Après la répétition sur un texte d’Ingmar Bergman. Création en 2013, reprise à l’automne 2018 au Théâtre de la Bastille et ces jours-ci chez ses amis flamands.

Très entreprenante, Georgia Scalliet a fondé le Liv Collectiv avec Alma Palacios, Ruth Vega Fernandez et Pauline Moulène. Leur première création, d’après Madame de Sade de Mishima et le travail d’Ingmar Bergman, avait été présentée en 2015, également au Théâtre de la Bastille.

On ne se fait pas de souci pour elle et l’on peut imaginer qu’elle retrouvera prochainement Alain Françon au théâtre et surtout qu’elle élargira aussi le spectre de son travail au cinéma. Bonne et belle route donc à cette merveilleuse artiste à peine trentenaire !

Marina Hands, qui, elle aussi, avait quitté la Comédie-Française, a été invitée à y revenir par Eric Ruf, notamment pour la reprise d’une grande pièce de Paul Claudel qui se donnera au printemps à Marigny où va s’installer l’institution, pendant les travaux, salle Richelieu.

Marina Hands, photo DR

Fille de Ludmila Mikaël, sociétaire de légende, de de Terry Hands qui avait signé des spectacles marquants à la Comédie-Française, Marina Hands avait fait un bref séjour dans la troupe entre 2007 et 2008 avant de vivre sa vie, au cinéma, à la télévision, comme au théâtre.

A partir du 14 avril 2020, elle est à nouveau engagée. On comprend mieux qu’elle ait renoncé à Architecture de Pascal Rambert, pièce donnée cet été dans la cour d’Honneur du palais des Papes et en longue tournée. Elle va retrouver le grand personnage d’Ysé dans Partage de midi de Paul Claudel mis en scène par Yves Beaunesne repris au Théâtre Marigny, du 1er juin au 25 octobre 2020, rôle qu’elle interprétait déjà à la création en 2007. On la retrouvera également cette saison dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand mis en scène par Denis Podalydès du 27 juin au 27 juillet au Théâtre Marigny. Evidemment, Marina Hands ne renoncera pas pour autant à son brillant chemin au cinéma ou à la télévision. A elle aussi on souhaite bonne et belle route !

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