Il poursuit sa formidable plongée dans l’histoire de France en un montage littéraire et savant puisé pour « La Révolution » aux plumes de Victor Hugo, Jules Michelet, Alexandre Dumas, Alphonse de Lamartine.

Au filtre des très grands écrivains qui ont raconté, commenté et même romancé les événements de la Révolution, Maxime d’Aboville poursuit ses grandes « Leçons » sur l’histoire de France. Il a puisé, comme toujours, aux meilleures sources. Son cher Victor Hugo, et notamment Quatrevingt-treize, qu’il désigne comme « l’œuvre-phare » de son projet. Il a lu et relu, Lamartine, Michelet, Dumas, et cite même une petite phrase de Stendhal, à la fin. Epinglée dans La Chartreuse de Parme. Il ne plonge pas ici dans Vie de Henry Brulard ou dans Souvenirs d’égotisme. Maxime d’Aboville est allé également picorer quelques scènes dans Marie-Antoinette de Stephan Zweig.

Une photographie de Pascal Gély. DR.

De la prise de la Bastille, racontée par Alexandre Dumas et Jules Michelet, jusqu’à la chute de Robespierre, éclairée par Alphonse de Lamartine et Michelet, présent presque à chaque étape : la nuit du 4 août, Valmy, l’arrestation des Girondins, comme la détermination de Charlotte Corday.

Les choix de Maxime d’Aboville sont éloquents et, interprète très bien dirigé, il donne à chaque moment, à chaque personnage, une couleur très particulière.

Le travail de son ami metteur en scène Damien Bricoteaux est remarquable. Dans la salle du « Petit Poche », enveloppé des lumières de François Loiseau et discrètement accompagné de son par Aurélien Cros, le comédien impose son art magnifique, son autorité, son charme.  Il y a du lyrisme, et jusqu’à des emportements, de la violence dans certains récits, de l’horreur dans les récits de la Terreur, des massacres de Vendée. En à peine une heure quinze, guidé par Damien Bricoteaux –et un simple lutrin pour tout élément de décor- Maxime d’Aboville déploie des qualités magistrales. La sensibilité, le mouvement, la voix, les regards, jusqu’à son visage qui se transforme, car ici verbe et sens s’enflamment.

Photographie de Pascal Gély. DR.

Un grand moment, intelligent et enthousiasmant. La personnalité même de Maxime d’Aboville qui, depuis quelques semaines, endosse le rôle-titre du Dom Juan de Molière et l’on comprend quelles étincelles il doit y faire !

Théâtre de Poche-Montparnasse, à 19h00 du mardi au samedi, dimanche à 15h00. Durée : 1h10. Tél : 01 45 44 50 21. www.theatredepoche-montparnasse.com

Jusqu’à la fin de l’année.

Texte publié par L’Avant-scène théâtre, collection des Quatre-Vents. Comme les précédents « Histoire de France ».

Maxime d’Aboville interprète le rôle-titre de Dom Juan de Molière dans une mise en scène de Christophe Lidon. Marc Citti est Sganarelle. A voir dans la région parisienne le 17 novembre à Chaville, le 25 novembre à Boulogne, le 7 décembre à Neuilly-sur-Seine.

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