Le comédien interprète un texte qu’il a écrit. Sous le titre Je ne suis plus inquiet, il renoue les fils de l’histoire de sa famille avec sensibilité et humour.

Personnalité à part, Scali Delpeyrat est sorti il y a bien des années du conservatoire et a tout de suite joué sous la direction d’excellents metteurs en scène. Théâtre, mais aussi cinéma et télévision, son domaine d’interprétation est large. Très vite, il a participé à l’élaboration, l’écriture, la mise en scène de spectacles singuliers, aussi sensibles que décalés, d’un humour bien à lui.

Avec Je ne suis plus inquiet, que l’on prendra évidemment comme une dénégation, il aborde l’histoire de sa famille. Une variation à partir de ce texte a été diffusée en direct pendant la fermeture des salles au public, par le Théâtre de la Ville.

Un conteur enthousiaste…Photographie de Bruno Venzal. DR.

Scali Delpeyrat voudrait nous faire croire qu’il n’a pas de suite dans les idées. Il commence à raconter certains événements. Et soudain, il rompt ce fil et passe à autre chose. Il reprend plus loin. Il tresse ainsi les épisodes.

Il parle d’une panne, une panne de téléphone. Sa grand-mère et sa mère, alors âgée de quatre ans, ont été sauvées de la férocité nazie, parce qu’un téléphone ne marchait pas. Elles ont pu rejoindre leur mari et père, parti en éclaireur de Paris, pour trouver une cache…

Sa mémoire n’est pas en panne, mais il a eu du mal à s’autoriser cette plongée, un texte qui est un hommage à sa famille, à son père en particulier.

Une détermination de conférencier…Photographie de Bruno Venzal. DR.

Une table, un petit frigidaire qui tient lieu de placard à tout ranger. Scali Delpeyrat extirpe au fur et à mesure quelques objets. Il met la table. Il se met à table, littéralement.

Ce qui vaut, ici, c’est l’irrésistible esprit de l’auteur-metteur en scène-interprète. Sa manière d’être au monde. Avec cet air toujours plus ou moins étonné, dardant son regard de faux candide, comme si à chaque pas il interrogeait l’auditoire, comme s’il doutait toujours.

Nous n’en dirons pas plus. La gravité du propos est fardée de rire. Il est drôle, très drôle, Scali Delpeyrat. Très sensible, surtout. C’est fin, singulier…théâtral !

Théâtre de la Ville à l’Espace Cardin, à 20h00 du mardi au samedi, 15h00 le dimanche. Relâches les 11, 15, 21, 28 novembre. Durée : 1h15. Tél : 01 42 74 22 77. Texte chez Actes Sud.

www.theatredelaville-paris.com

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