L’un était né en 1926, l’autre en 1939. Dramaturges, scénaristes, proches de la France, ils se sont éteints à quelques semaines de distance.

Murray Schisgal, Israel Horovitz, deux destins d’écrivains américains qui ont en commun, au-delà d’une notoriété internationale, d’avoir été souvent joués en France.

Murray Schisgal était né le 25 novembre 1926 et s’est éteint le 1er octobre dernier. Israel Horovitz était né le 31 mars 1939 et vient de mourir, des suites d’un cancer, le 9 novembre.

Deux amis américains de la France disparaissent, dix ans après l’un de ceux qui aura contribué à les mettre en lumière en France, Laurent Terzieff, mort le 2 juillet 2010.

Couverture de l’édition de « Les Dactylos » et « Le Tigre » avec Pascale de Boysson et Laurent Terzieff. Photographie DR.

Dès 1963, en effet, le comédien traduit, avec sa femme Pascale de Boysson, et joue, dirigé par son ami Maurice Garrel, Les Dactylos et Le Tigre de Murray Schisgal. C’est au Théâtre de Lutèce. L’Avant-scène théâtre publie les textes.

Dès 1965, au Théâtre Montparnasse, c’est Love, toujours avec la même équipe et le spectacle a énormément de succès. Des années plus tard, elle sera reprise à la Comédie des Champs-Elysées, par Michel Fagadau, alors directeur, dirigeant un trio délicieux, Fanny Cottençon, Patrick Chesnais, Sam Karman.

Plus tard, Terzieff va monter et jouer Fragments et Les Chinois, au Théâtre du Vieux-Colombier, qui n’est pas encore sous la tutelle de Giorgio Strehler et du Théâtre de l’Europe, puis de la Comédie-Française, mais, en cette année 1968, qui est un théâtre privé.

Car, curieusement, peu de « barons » de la décentralisation se sont intéressés à Murray Schisgal, pourtant un écrivain de haute exigence et de style puissant et sensible. Laurent Terzieff reviendra à son ami en 2002 pour mettre en scène et jouer Le Regard au Rive-Gauche.

Entretemps, en 1971, le comédien a également interprété L’Indien cherche le Bronx, d’Israel Horovitz, sous la direction de Michel Fagadau, à la Gaîté-Montparnasse.  

Schisgal s’amusait du surplus de notoriété que lui valut en 1982, le film de Sydney Pollack  Tootsie avec Dustin Hoffman. Une intrigue de Don McGuire et Larry Gelbart développée par ce dernier avec l’appui du talent du scénariste très expérimenté qu’était aussi Murray Schisgal.    

Avant Paris, Les Dactylos et Le Tigre avaient été créés dès 1960 à Londres puis à New York et l’auteur avait été très vite demandé à la télévision et au cinéma. Certaines de ses pièces ont été adaptées en comédies musicales, telle Luv (Love), sous le titre What about luv, de Broadway à Londres. Luv avait déjà été adapté au cinéma.

Affiche de l’Atelier pour « Popkins » avec toute la distribution.

A l’Atelier, Gérard Jugnot et Zabou Breitman, Maurice Chevit jouèrent dans Popkins à l’orée des années 90.

Il y a treize ans, Murray Schisgal avait participé à une rencontre au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à l’occasion de la mise en scène, par Stéphane Valensi, de trois pièces brèves. Le Vieux juif (créé autrefois par Maurice Garrel), Les Marchands ambulants, et pour la première fois en France, 74 Georgia Avenue, pièce dans laquelle l’écrivain avait mis beaucoup de sa vie. Ce fut très bien joué, par le metteur en scène lui-même, par Marc Berman, par Paulin F.Fodouop. C’était en mars 2007.

Cet homme amical, discret, très cultivé, s’est donc éteint le 1er octobre dernier. On ne peut s’interdire d’évoquer Israel Horovitz qui lui aussi quitte la scène, s’éteint à New York qu’il aimait tant. Un article suit.

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