Un nouveau récital à l’Archipel avec des chansons plus sentimentales que canailles et un bel accompagnement de mise en scène et de musique.

Elle dit : « Je ne suis pas une chanteuse, je suis une chanson ! ». Elle se moque sincèrement d’elle-même et nous rappelle à ce phénomène extravagant que fut le succès de : « C’est la ouate »…C’était il y a 33 ans ….La chanson, dont elle a écrit les paroles avec Pierre Grillet et mise en musique et produite par Philippe Chany, date d’octobre 1986.

On connaît la chanson. On connaît son succès. Trois minutes quarante-huit secondes au charme fou qui va être un tube, jusqu’aux Etats-Unis où plusieurs chanteurs reprendront le bijou léger de l’artiste élevée en partie à New York. Jusqu’au président de la République, François Mitterrand qui, interrogé par Yves Mourousi sur ses connaissances et préférences en matière de chanson populaire, donnera le titre de « C’est la ouate », des mois plus tard !

Caroline Loeb, s’est formée comme comédienne et c’est une comédienne qui chante, comme on le fait chez Brecht. Elle a un joli timbre, elle a pris des cours, elle est disciplinée. Mais c’est toujours l’interprétation qui prime sur le timbre.

Elle a souvent mis en scène ses camarades, Michel Hermon, par exemple. Elle croit au regard extérieur. C’est le très fin Alex Lutz qui l’a dirigée dans son dernier spectacle, très réussi et touchant, consacré à Françoise Sagan en un montage de réponses à des entretiens de l’écrivain.

Cette fois, pour ce nouveau récital, rodé lors du dernier festival d’Avignon, c’est Stéphane Druet qui la met en scène. Il aime le music-hall et le cabaret. Sur la petite scène de l’Archipel, entourée de trois musiciens, Stéphane Corbin, Yorfela, Benjamin Corbeil, elle offre des textes neufs et des compositions accordées à son tempérament mobile, grave et primesautier à la fois.

Dans une robe noire moulante d’Irié, qui inspire l’image de l’affiche rieuse du spectacle, Caroline Loeb raconte sa vie tout en égrenant ses chansons. C’est sa manière. Elle se livre, confie des aventures plus ou moins heureuses avec esprit et un détachement amusé. Elle ne s’est jamais prise au sérieux, mais c’est sérieusement qu’elle travaille et s’exprime.

Stephan Druet a trouvé les justes cheminements, les moments d’enfance, comme ce parcours au milieu des lampes, et les moments de maturité, quand Caroline Loeb joue les vamps. Mais toujours en souriant, toujours avec une distance ironique. Elle joue et se joue des règles du music-hall.

Les lumières l’enveloppent, elles sont signées Thomas Jacquemart et Sebastian Galeota a réglé les chorégraphies discrètes. C’est fluide, élégant, émouvant.

Et puis évidemment, il y a ces textes qui disent la joie de vivre et le désenchantement, qui disent le plein soleil et la nuit, la pluie et le beau temps. Un répertoire cousu main pour –et par !- Caroline Loeb

L’Archipel, 1er novembre à 21h00, 2 novembre à 16h00 et 21h00, 30 et 31 décembre à 21h00, 2 et 3 janvier à 21h00, 4 janvier à 16h00 et 21h00. Durée : 1h15. Tél : 01 73 54 79 79 et sur http://www.larchipel.net

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