Artiste exceptionnel, il appartient à la famille des « nouveaux magiciens ». Avec Le Bruit des loups, il nous conduit dans une forêt profonde. Des arbres monumentaux, des hommes, des animaux, d’étranges lueurs…Magnifique et impossible à raconter !

Il avait appris, seul, le jonglage avant de fréquenter plusieurs écoles de cirque et de trouver sa voie en suivant un stage de « magie nouvelle » sous la direction du virtuose Raphaël Navarro. Depuis, Etienne Saglio signe régulièrement des spectacles. Des chapiteaux de cirque, il a glissé peu à peu vers le théâtre.

Le Bruit des loups est un sommet de son art et l’on ne s’étonne pas qu’il lui ait fallu des années pour le mettre au point.

Voici le long et fin Etienne Saglio, aux prises avec un végétal un peu entêté…Photographie Prisma Laval. DR.

Au début, on est dans une pièce au carrelage noir et blanc et l’on pense à Alice aux Pays des merveilles. N’en disons pas trop : un jeune homme long, fin, délié, se bat avec les feuilles d’un arbre qui semble doué d’une vie particulière…

Rideau et voici que surgit un animal, long, fin, délié lui aussi –mais ce n’est pas Etienne Saglio !- un animal dressé sur ses petites pattes et qui souvent reviendra. Un miracle de grâce, d’intelligence, de magie…

Loup y es-tu ? Photographie de Prisma Laval. DR.

Soudain, comme Alice basculant dans le terrier du lapin, nous voyons se lever devant nous une forêt aux arbres immenses. Une forêt profonde dans laquelle nous allons voir surgir des animaux, des loups, mais pas seulement. Comment ça marche ? C’est tout le génie d’Etienne Saglio…

Toute description plus précise abîmerait cette merveille de plongée dans un monde onirique qui rappelle les contes pour enfants et nous enchante. Un géant, incarné par Guillaume Delaunay, surgit. Inquiétant, bien sûr, mais pas méchant…Deux autres artistes participent en alternance au spectacle : Murielle Martinelli, comédienne chez Pauline Bureau ou Joël Pommerat, notamment.  Le jour où nous avons vu le spectacle, c’est Bastien Lambert qui était présent. Musicien et réalisateur, il joue au théâtre comme au cinéma et participe ici à notre trouble, comme l’enfant qu’il semble être…

Un univers à la Lewis Carroll…et des atmosphères enchantées. Des images dont on ne sait pas si elles sont des illusions ou non…Photographie Prisma Laval DR

Inutile de préciser que des virtuoses ont mis leurs talents au service de ces mirages miraculeux : Valentine Losseau et Raphaël Navarro, Benjamin Gabrié, pour la scénographie, Alexandre Dujardin pour la lumière, et tous les autres. Il faudrait citer chacun, car, pour un tel spectacle, tout compte, l’informatique comme la régie vidéo.

Humour, rêveries, angoisse, images superbes, beauté, générosité, tout ici enchante. En dire plus serait idiot. Félix Tréguy et Pascal Tréguy, les coachs des animaux, Emile, Boston, il y a aussi des vidéastes, un compositeur, un as du son, etc…une bonne quinzaine d’artistes et techniciens très précis, sans doute heureux de participer à ce spectacle unique.

Courez au Rond-Point et sachez qu’une longue tournée suit.  De décembre à juillet. Au moins.

Théâtre du Rond-Point, grande salle Renaud-Barrault, à 20h30 du mardi au samedi, dimanche à 15h00. Relâche exceptionnelle le 11 novembre. Durée : 1h15. Tél : 01 44 95 98 21.

www.theatredurondpoint.fr

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