Nous l’annoncions hier, sans avoir encore assisté à l’une des lectures des Fables de Jean de La Fontaine par Fabrice Eberhard : 243 fables en 7 séances.

On soupçonnait que ce serait bien car on connaît depuis longtemps le grand talent du comédien. Il fréquente les Fables depuis des années. Il admire cette écriture extraordinairement évocatrice, mais sans effets. Un style d’une pureté lumineuse.

On ne peut que recommander ces jolis rendez-vous qui marquent avec intelligence le 400ème anniversaire de la naissance, en 1621, du grand écrivain. Le musicien Florian Harribey, en toute complicité, avec grand art et fantaisie, accompagne les représentations des Passacaille de Jean-Baptiste Lully. Ce n’est jamais redondant, ce n’est jamais du commentaire.

Ce jeudi 28 octobre, ce sont les dix-huit fables du livre VII que va lire Fabrice Eberhard. Assis derrière une petite table, un livre monumental, comme les belles éditions d’autrefois, est ouvert devant lui. Il en tourne les pages.

Il distille cette langue éblouissante, ces fables que l’on est loin de connaître toutes, avec une simplicité aristocratique. Fabrice Eberhard possède une voix très belle, claire, timbrée sans excès, une voix merveilleusement accordée à la beauté des Fables.

Il ne commente pas. Il sait que tout est là. Anecdotes que La Fontaine a parfois empruntées, à Esope, notamment, il ne s’en est jamais caché. Avertissement en tête des textes ou moralités en chute, art des images, des sonorités, du suspens, il sert le grand La Fontaine avec une discipline de compagnon du devoir et une flamboyance retenue de très grand interprète. C’est magnifique.

Théâtre de Nesle, 8 rue de Nesle, 75006 Paris. Tél : 01 46 34 61 04. Petite salle.

« Les Fables », après les séances de lundi et mardi, rendez-vous ce jeudi et jusqu’à samedi, 19h00, dimanche à 16h00. Durée de 55 minutes à 1h25.

Pas encore de commentaires

Comments are closed