La très douée Eléonore Joncquez met en scène et joue la pièce d’Ivan Viripaev, entourée de quatre comédiens talentueux. Reste une pièce très bizarre…

On a souvent l’occasion de parler d’Eléonore Joncquez, artiste complète, rompue à des exercices très différents, fidèle de l’univers de Côme de Bellescize, aussi à l’aise chez Claudel (Protée sous la direction de Philippe Adrien) que dans le monde de Brigitte Tornade de son amie Camille Kohler, à la radio, puis au théâtre.

Son spectre est large, son intelligence vive, sa sensibilité profonde. On la suit donc lorsqu’elle met en scène Ovni d’Ivan Viripaiev. Même si l’on n’est pas autant séduit qu’elle par ce texte, ici traduit par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, pour les Solitaire intempestifs.

C’est à Suresnes, au Théâtre Jean-Vilar, où Olivier Meyer a accueilli le spectacle, que nous avons découvert ce travail intéressant, nourri d’un groupe d’excellents comédiens : deux femmes, trois hommes, chacun jouant deux personnages. Coralie Russier, Grégoire Didelot, Vincent Joncquez, Patrick Pineau. On ne connaît pas bien la première citée et plus jeune : elle fait pas mal de cinéma. Elle est excellente, en deux apparitions fortes, et très bien dirigées.

Photographie de Fabienne Rappeneau. DR.

La rigueur, mais la fantaisie également, de la metteuse en scène et interprète, font ici merveille. Eléonore Joncquez est très convaincante. Elle a une puissance intérieure rayonnante et mystérieuse en même temps. Un regard qui impressionne.

Elle excelle à diriger le trio des garçons : son propre mari, souvent son partenaire, hyperdoué lui aussi, Vincent Joncquez, grand silhouette et expression précise et juste, dans l’humour comme dans la gravité. Grégoire Didelot, lui aussi, semble très à l’aise dans ce monde où l’on ne sait pas si les faits rapportés sont « vraiment » vrais…Il laisse flotter l’incertitude. C’est très bien. Et puis il y a le remarquable Patrick Pineau, formidable dans des compositions qui n’étouffent pas sa personnalité unique, ses talents pluriels, son sens profond de la scène et de la camaraderie. Lui aussi est un metteur en scène de troupe, et il s’inscrit avec finesse, dans ce groupe.

Et en plus, ils dansent ! Photographie de Fabienne Rappeneau. DR.

Faut-il en dire plus ? Il y a là dix personnalités de fiction, une étudiante, une vendeuse, un livreur, un patron, etc…Ce qu’a réussi Eléonore Joncquez, c’est de ne pas donner le sentiment d’une série de « numéros » qui se succèderaient. Il y a de la danse sur le plateau, une chorégraphie de Jean-Marc Hoolbecq, très bienvenue. Et toute l’équipe artistique, vidéo, lumières, scénographie, etc. est d’excellente qualité inventive. A découvrir. Ils prétendent tous avoir été en contact avec des … ovnis, mais évidemment, c’est le cœur de l’homme qui demeure un étrange objet

Théâtre de la Tempête, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 16h30. Durée : 2h00. Tél : 01 43 28 36 36.  Jusqu’au 24 avril. Texte aux Solitaires intempestifs.

www.la-tempete.fr

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