La romancière et dramaturge a écrit « Je suis une fille sans histoire » et interprète ce monologue en se mettant elle-même en scène, dans un décor de Marc Lainé.

En ces jours de précoce canicule, découvrir un igloo, fût-il de papier, devrait rasséréner le public de la petite salle du Rond-Point. Celle qui est sous le toit et où il ne semble pas y avoir de climatisation…Les feuilles de salle ont servi d’éventail et, dans un gradin bourré, des jeunes de seconde et des moins jeunes, chacun est demeuré très attentif.

Alice Zeniter est bien entourée : scénographie, lumières, regard extérieur, etc…Elle ne s’aventure pas sans filet. Elle a du charme, une voix bien placée et dans le petit espace de la salle Roland-Topor, on est assez proche pour saisir son regard.

Mais qu’est-ce que c’est que cet hideux micro ? N’y avait-il pas moyen d’être plus discrètement soutenue ? Ce micro dérange. Cela donne tout de suite une couleur de conférence à ce moment pourtant bien imaginé scénographiquement par Marc Lainé.

Photographie de Simon Gosselin. DR.

« …je vais vous parler du récit » dit-elle, précisant qu’étant « écrivaine » son « métier est d’écrire des histoires. » 

Ce long travail d’analyse a été publié sur près de cent pages à l’Arche, en 2021. Il y a des moments très touchants et drôles, comme lorsqu’elle dit sa passion pour un personnage de Victor Hugo dans Les Misérables, un ange de rebelle, Enjolras qui est fusillé. Et des moments raisonneurs qui sont déjà tellement usés, que l’on s’ennuie : sur Frédéric Lordon, par exemple.

Alice Zeniter a bien du mal à quitter sa position de « sachante ». C’est dommage. Elle n’arrive pas non plus à terminer et d’ailleurs, annoncé pour une heure quinze, son spectacle dure pas loin d’une heure vingt-cinq : ça patine à la fin…

Dommage. On ne refuse pas les leçons au théâtre. Mais on aimerait un peu plus de légèreté, de fantaisie.

On ne veut en rien minimiser la proposition de l’auteure-comédienne, qui travaille dans le milieu théâtral depuis bien longtemps. Il y a des surprises, des images, des noms, des rebondissements. Elle a une assurance efficace de comédienne-oratrice. Mais ce pourrait être moins raide, plus délié.

Théâtre du Rond-Point, salle Topor, à 20h30. Durée : 1h30. Jusqu’au 29 mai. Tél : 01 44 95 98 21.

www.theatredurondpoint.fr

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