Olivier Py et son équipe ont réuni des spectacles particulièrement intéressants, faisant de cette difficile 75ème édition, un cru qui marquera.

Difficile. C’était le mot : difficile après une édition juillet 2020 annulée par la pandémie, une semaine d’art, en octobre, vigoureuse réplique, un peu malmenée par le couvre-feu. Difficile s’annonçait la 75ème édition du festival d’Avignon. Ambitieux était le programme, dévoilé plusieurs mois en amont par un Olivier Py déterminé et lucide.

La nouvelle cour, avec ses 1947 place, clin d »oeil à la date de naissance du festival. Une photographie de Christophe Raynaud de Lage qui a suivi toute la construction. Un reportage à visionner sur le dite du festival d’Avignon. DR.

Difficiles les circonstances. Mais dès le 5 juillet au soir, quelque chose s’imprima dans les esprits : dans la cour d’Honneur, où la première représentation de La Cerisaie allait débuter avec trois quarts d’heure de retard (manif d’une poignée bloquant l’accès principal du palais et nécessité de présenter un passe sanitaire), le public, d’un seul élan (1947 sièges dans la nouvelle installation, clin d’œil à l’année de création) explosa en applaudissements lorsque se firent entendre les cris des martinets, annonçant les trompettes de Maurice Jarre. C’était dire merci aux artistes et aux techniciens, merci à l’administration, merci au travail d’une équipe ardente qui a permis que ces retrouvailles aient lieu.

Le matin même, la ministre de la Culture, avait dévoilé le nom du successeur d’Olivier Py à la tête du festival. Etrange choix du moment…Peu courtois pour l’actuelle direction, peu prudent pour le futur directeur, puisqu’il signait la mise en scène de la cour d’Honneur le soir même.

Et dans le fracas chaleureux des applaudissements, on entendit aussi l’attachement du public à la forte personnalité d’Olivier Py. Il signera l’édition 2022. Et l’adhésion des spectateurs à l’actuel directeur s’est exprimée à plusieurs reprises, notamment dans la fréquentation heureuse du feuilleton consacré à Hamlet, sous le titre Hamlet à l’impératif ! Mais pas seulement. Olivier Py a une longue histoire avec Avignon, et le public ne l’oublie pas.

Le bilan est excellent, malgré les circonstances difficiles : 45 spectacles, 300 représentations, 33 lieux. Du côté des manifestations payantes, 120.969 billets étaient mis à la vente, 101.512 furent délivrés. Taux de fréquentation de 84%. Du côté des manifestations gratuites, on comptabilise 22.400 entrées. Soit, en tout, au 24 juillet au soir, 123.912 entrées.

Olivier Py peut être fier de ses troupes : « Cette édition difficile à mettre en place, autant sur le plan de la programmation, de l’engagement exceptionnel des équipes du Festival. Nous ne les remercierons jamais assez. Ils ont fait de ce festival un festival héroïque. »

Toujours sur le pont, le directeur et sa garde rapprochée : Paul Rondin, directeur délégué, Agnès Troly, programmatrice, Valérie Samuel, directrice de la communication, son bureau Opus 64, les plus aguerris des directeurs techniques des différents lieux, les plus novices des jeunes accueillants des salles.

Si, le « in » a été abondamment fréquenté, on ressentait, dans les rues de la ville, même après le 14 juillet, date où le flot gonfle, traditionnellement, une décrue certaine. Le « off » qui a choisi de tenir une semaine de plus, en tirera plus tard les conséquences, mais dès les premières semaines, on ressentait, dans les salles, une absence certaine des spectateurs.

Nous analyserons par ailleurs, les forces artistiques présentes lors de cet été 2021. Olivier Py et son équipe signerons un dernier festival en 2022. Les rues bruissaient déjà du nom du jeune auteur impressionnant qu’est Simon Falguières, la trentaine, auteur de Le Nid de cendres, de Les Etoiles. Il écrit « long ».  Mais ceci est une histoire à venir. « Se souvenir de l’avenir », tel était le thème de l’édition 2021.

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