A l’affiche en ce moment une mise en scène de Mathieu Touzé qui a adapté un texte d’Olivia Rosenthal et dirige l’excellent Yuming Hey. Remarquable.

Yuming Hey dans l’enveloppement d’une vidéo très élaborée et harmonieuse. Photographie de Christophe Raynaud de Lage. DR.

Sur le grillage qui entoure le jardin du Théâtre 14, des panneaux déclinent la saison 2021/2022 jusqu’en février. Des spectacles que l’on a envie de découvrir, de On n’est pas là pour disparaître d’Olivia Rosenthal, en ce moment, jusqu’à Agatha, en février prochain. Des productions soignées, pas très longues (1h30 maximum), des exploitations assez serrées dans le temps. Mais franchement –et pour avoir vu, déjà, certaines mises en scène- il faut faire confiance à la jeune et ardente équipe du Théâtre 14 et l’on peut se rendre avenue Marc Sangnier aussi souvent que possible.

En ce moment, on découvre le très bon On n’est pas là pour disparaître d’Olivia Rosenthal, ouvrage publié chez Gallimard. Une adaptation très intelligente de Mathieu Touzé qui signe également la mise en scène très rigoureuse et séduisante.

Un seul interprète, artiste rare, Yuming Hey. Tout commence une voix off qui fixe la situation (un homme a poignardé son épouse) et par la projection de phrases, très lisibles, qui évoquent la maladie d’A., de fait la maladie d’Alzheimer.

Comme un danseur, et sans vaciller…Christophe Raynaud de Lage/DR.

Au fond de la salle, à cour, se tient la musicienne, Rebecca Meyer, qui accompagne l’ensemble de la représentation. Le décor, un grand écran en six panneaux sur lequel, avec délicatesse, passent des ombres, des couleurs, des lumières. Vidéo de Justine Emard, lumières Renaud Lagier et Loris Lalllouette, un remarquable travail, harmonieux et qui fait sens sans jamais paraphraser le texte.

La belle voix off, est celle de la précise et nuancée Marina Hands. Sur le plateau, juste au centre, paraît Yuming Hey, le si fin interprète de Mowgli chez Robert Wilson (on le reverra cette saison).

Pieds nus, dans son costume très simple d’athlète délié, un tee-shirt à manches longues et un pantalon de gymnaste, il va demeurer immobile, complètement immobile, planté sur le plateau, comme épinglé –c’est une performance physique difficile, impeccable. Tout est expression de la voix, de l’intensité du timbre, du visage, des bras, discrètement.

Yuming Hey est traversé des propos de plusieurs personnages. Monsieur T. mais aussi ses proches, les médecins, et l’auteure, Olivia Rosenthal elle-même. N’en disons pas plus : vous découvrirez l’entrelacs des pensées et les rêves de Monsieur T.

Rebecca Meyer, accompagne en « live » toute la représentation de la musique qu’elle a composée. Photographie de Christophe Raynaud de Lage. DR.

On est forcément concerné, mais c’est la sobriété tendue de la représentation qui touche le plus. Ce spectacle accompli offre son content d’émotion, de théâtre. Aux saluts, Yuming Hey sautille sur le plateau pour secouer ses jambes ankylosées et retrouver sa juste circulation sanguine !!! Une performance physique difficile, mais aussi intellectuelle et sensible qu’il incarne magnifiquement.

Théâtre 14, les mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h00, le jeudi à 19h00, le dimanche à 16h00. Durée : 1h15. Jusqu’au 3 octobre. Texte d’Olivia Rosenthal publié par Gallimard.

Tél : 01 45 45 49 77.

www.theatre14.fr

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