Dans la demeure de Paul Claudel, les célèbres « rencontres » fêtent leur cinquantième anniversaire. Directeur artistique, impliqué de toutes ses fibres depuis de nombreuses années, Christian Schiaretti maintient, avec, entre autres, Marie-Victoire Nantet, une programmation de haute qualité.

C’est en 1972 que Renée Nantet, fille de Paul Claudel, et Jacqueline Veinstein, créèrent, avec le soutien de Jean-Louis Barrault, entre autres, les « Rencontres de Brangues ».

Brangues, ou la paix des poètes. Photo DR.

Dans ce château à taille humaine, entre Lyon et Grenoble –pour dire vite à ceux qui ne connaîtraient pas le Dauphiné- Paul Claudel a vécu d’heureux moments. Il repose dans le jardin, un espace à la japonaise, sobre, il incite à la méditation.

Christian Schiaretti, artiste de la poésie, qu’il choisisse des textes, mette en scène, dirigeant avec acuité et tendresse des interprètes de générations et d’horizons différents, s’est très tôt impliqué dans la vie, la survie des Rencontres de Brangues. Renée Nantet lui faisait toute confiance et admirait la fluidité de ses analyses et le caractère aigu de son intelligence, son goût de la transmission.

Renée Nantet s’est éteinte en janvier 2021, dans sa 104ème année. Sa fille Marie-Victoire Nantet a su poursuivre ce grand travail que suppose la tenue des rencontres. Longtemps, on a rêvé que le lieu entre dans le cercle des « centres culturels ». Christian Schiaretti y pense toujours et dans le texte de présentation, il écrit notamment : « Rencontres, ce mot dit tout. Espérance aussi que l’on y perçoive comme la silhouette, l’ombre portée du grand Centre Culturel de Rencontres à venir. Centre culturel installé dans le domaine et offrant l’année durant les fruits de son activité. Lieu de transmission, de formation, de création, d’un intérêt local et national, grands poètes vivants et élèves des établissements d’à-côté, grands interprètes et public spontané, chacun à l’école de la langue, de sa discipline et de son plaisir, de ses secrets et de l’espoir certain qu’elle constitue. »

Le programme est copieux et vous le découvrirez complètement sur le site (en note).

Mais signalons une création de Christian Schiaretti qui propose, avec Francine Bergé, esprit rétif, immense interprète, dès le jeudi 23 juin à 18h00 à la Maison Ravier, à Morestel, un dialogue saisi sur le vif et intitulé : « Comment j’ai dirigé une actrice notoire en la suivant ». Il s’agit, précise-t-il, de la « chronique impromptue des tribulations d’une actrice et d’un metteur en metteur en scène aux prises avec la prosodie de Paul Claudel. Le spectateur entre dans la coulisse, souvent drôle, de l’élaboration théâtrale. » On peut en rire, l’élaboration orageuse ayant donné un spectacle mémorable.

Tout commence avec  l’un des habitués des « Rencontres », Jean-Pierre Siméon, une variation à partir de l’Electre de Sophocle. Avec Francine Bergé, Louise Chevillotte, Juliette Gharbi, Julien Gauthier, Kenza Laala, Julien Thiphaine. A voir vendredi 24.

A découvrir sur le site. Une nouvelle création de la Jeanne de Péguy, la présence de poètes chinois, de Lydie Dattas, d’Antoine Gallimard et de nombreuses autres personnalités. Et il y a même du théâtre pour les très jeunes ! Et un peu de Molière, évidemment.

Réservations par la billetterie → https://rencontres-brangues.fr

Ou encore : Offices du tourisme de Crémieu et de Morestel.

Et, sur place, au château le jour des représentations. Journées principales, vendredi 24 juin 2022, samedi 25 et dimanche 26 juin.

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