Métilde Weyergans et Samuel Hercule offrent, avec « Ne pas finir comme Roméo et Juliette », un voyage poétique, mystérieux, envoûtant, très original et sophistiqué.

On les admire et on attend toujours avec curiosité leurs spectacles. Les deux magiciens de La Cordonnerie, Métilde Weyergans et Samuel Hercule, travaillent pour des publics très différents. Aussi bien les jeunes que ceux qui aiment rêver…

Nous reparlerons par ailleurs (dans les colonnes de L’Avant-scène théâtre) de Ne pas finir comme Roméo et Juliette. Sur scène, ils ne sont que quatre. En plus des deux concepteurs/comédiens/metteurs en scène, Métilde Weyergans et Samuel Hercule, deux musiciens, compositeurs, Timothée Jolly et Mathieu Ogier. Ils sont consubstantiels aux créations et par-delà la musique, l’accompagnement scénique, leur présence très forte et très originale, ils interviennent avec fantaisie (et précision) : voyez-les faire voler les mouettes…

Installés l’un à cour, l’autre à jardin, ils surplombent légèrement l’espace sur lequel trône une table de pingpong qui est aussi laboratoire de sons… Les films, comme souvent chez La Cordonnerie, sont muets et sonorisés en direct : voix des personnages et environnement. On voyage beaucoup. Il y a des ports, des paysages, des personnes. Du mystère, beaucoup de mystère. Et la voix prenante de Métilde Weyergans.

Lorsqu’à la fin du spectacle, le générique défile sur le fond de la scène, on se rend compte du nombre impressionnant de personnes qui ont participé à l’élaboration de cet opus très sophistiqué, mais très accessible dédié à François Weyergans, l’écrivain récemment disparu. Ce qui est très réussi dans les travaux de La Cordonnerie, c’est que quelque chose d’insaisissable nous enveloppe. Ils nous embarquent. On n’est jamais sûr de tout saisir parfaitement, clairement. Mais c’est comme le rêve, on s’enchante ou l’on tremble, on ne comprend pas tout. On traduit.

Ils ont franchi un nouveau cap dans la manière de mener leur récit, de l’écran au plateau. Il y a une cohérence dans le va-et-vient et l’accord –comme un travail d’orchestration subtil- entre cinéma, théâtre, définition des sons, musique en direct.

Dans la salle, les adolescents explosent de joie et d’admiration, à la fin. Les adultes sont tout autant sous le charme. 

Théâtre de la Ville-Les Abbesses, à 19h30 et 15h00 dimanche. Puis une longue tournée, jusqu’en mai 2022. Durée : 1h25. Tél : 01 42 74 22 77.

theatredelaville-paris.com

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