Le grand comédien et professeur s’est éteint aujourd’hui. Il s’était éloigné des scènes depuis près de trois années. Sa vie d’intelligence et d’humilité, sa force d’âme, son goût de la transmission, la longueur et l’importance de son chemin, au théâtre comme au cinéma, en font un des hommes les plus importants de notre monde artistique. Un grand témoin, un grand humain. De tous ceux qui l’ont célébré, Fabrice Luchini est sans doute le plus profondément marqué par Michel Bouquet, le plus profond, le plus aigu. C’est lui qu’il faut écouter car l’enseignement de ce grand maître fraternel a été essentiel, comme le fut pour lui, d’une autre manière, celui de Jean-Laurent Cochet ou celui de Rohmer dans leurs conversations.

Dans le fil des fils, il y a bien sûr également, le scribe scrupuleux des cours du conservatoire, son metteur en scène rigoureux, Georges Werler.

Dans « Le Roi se meurt » d’Eugène Ionesco, mise en scène de Georges Werler. DR.
Aimez qui vous aima du berceau dans la tombe : dans le vieillard qui se meurt, l’enfant au maillot qu’il fut, et la marotte…

Plus jeune, Maxime d’Aboville, lui aussi a été très marqué et a lui consacré un spectacle, qu’il pourrait reprendre, espérons-le. Entre ces deux-là, plus de la génération Luchini, Charles Berling, qui a publié un livre ou encore Muriel Robin, évidemment. On n’oublie pas non plus sa partenaire chez Chabrol, Isabelle Huppert.

Et tous les autres, les admirateurs, les élèves, les partenaires, tous ceux que cet être fier et timide impressionnait, ceux qui ont fait des ouvrages d’entretiens avec celui qui ouvrait la voie : Fabienne Pascaud, Jean-Jacques Vincensini, André Coutin, Charles Berling donc, et Gabriel Dufay.

On pense à Michel Fau qui monta et joua Tartuffe, pour qu’il soit Orgon. Pour partager un plateau avec lui et l’accompagner.

On pense à celle qui fut sa partenaire, son épouse, Juliette Carré, qui l’a accompagné jusqu’au dernier souffle.

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